Semi de Paris 2018 : une première !

Semi de Paris 2018 : une première !


Ça y est, je suis semi-marathonienne. En 2h08.

Pour être tout à fait honnête, ça n’a pas été une partie de plaisir, ni une promenade de santé. J’ai trouvé ça plus dur que mes précédentes courses du même acabit (20km en 2h11, 16.7km/360md+ en 2h04) et je ne sais pas vraiment quels mots poser pour décrire cette aventure. Un mélange de mots serait plus judicieux : Pluie-déception-soulagement.

 

La (non) préparation

Pour ce semi et comme pour toutes mes courses (sauf mon tout premier 10km), je n’ai pas suivi de plan d’entraînement à la lettre. C’est un choix comme un autre. Je tiens plus au maintien de la diversité de mes activités (différents sports, musique et autres) que quelques minutes grapillées au chrono au prix d’une rigidité extrême dans l’entraînement et de sorties forcées sans envie au prétexte du respect d’un plan d’entraînement. La seule exigence est de ne pas me blesser bêtement, ni de mettre véritablement en danger. En guise de préparation, j’oriente et module mes activités sportives habituelles en vue de ma prochaine course, sans pour autant que TOUT ne tourne autour d’elle. je n’ai pas respiré ni transpiré « Semi-marathon » durant ces derniers mois. En adoptant cette méthode, je sais pertinemment que ma progression ne sera pas spectaculaire, que je ne taperai pas des chronos de dingue…mais cela tombe bien car ce n’est pas mon but !

La veille, je me fais un dernier repas du condamné, j’emmène avec moi ma gamelle de pâtes pour la soirée organisé chez mes parents. j’avoue que depuis une mauvaise expérience en termes de confort intestinal – glamour un jour, glamour toujours – sur la Corrida d’Abbeville (8km) je mets un point d’honneur à manger des trucs archi safe les 2 ou 3 repas précédent la course. Et pas  d’alcool les quelques jours précédent la course aussi. C’est la seule vraie rigueur chiante que je m’impose dans ma préparation.

Un veille de course ou le ménagement des intestins. bon app’

Il est 23h la veille de la course et je n’ai pas préparé mon racepack, toutes les publications #racepcak x #semideparis sur instagram me ramènent soudain à la réalité, alors je me mets à y penser. Problème : il va faire un temps pourri. Mais il reste à savoir à quel point il va être pourri. Cette incertitude m’angoisse beaucoup (#controlfreak) mais je finis par me décider pour le combo collant long/t-shirt long/k-way léger/Mizuno Wave Rider vertes. Nouveauté : je teste la technique du vieux pull pour le trajet + attente dans le sas dont je me séparerai quelques instants avant le départ (SPOIL : technique approuvée à 200% !).

Dimanche 10h10, Les choses sérieuses commencent ! L’attente dans le sas ne me paraît pas trop longue. Une chose me contrarie : Les mecs urinent n’importe où et certains ne cherchent même pas à se cacher un minimum malgré la densité de population qui avoisine les 5 coureurs au m². (hé, c’est une course « grand public » ici, pas un tournoi d’hélicobite ! ne tape pas « hélicobite » dans ton moteur de recherche s’il y a des enfants autour de toi).

La course

10 premiers km comme sur des roulettes : les jambes trouvent leur rythme mais je suis obligée de slalomer et de dépasser sans arrêt. le cortège est compact et je suis clairement plus véloce que l’immense majorité des personnes qui m’entouraient (et qui sont tout à fait dans leur bon droit : c’est le dernier sas, celui des 2h10 et +).  J’ai bien fait attention de ne pas partir trop vite, lorgnant de temps en temps sur ma montre. Je passe les deux premiers ravitos sans pouvoir manger : il n’y a (plus ?) rien ! je suis contrariée de devoir continuer sans avoir pu grignoter un peu.

Tout va bien les mecs (mais j’ai faim)

Km 10-14 : Je tiens le coup, mes jambes « font le taf » comme on dit. Entre 10 et 12km c’est une successions de passages ponts-tunnels : ça descend sec et ça remonte tout aussi sec (enfin, « sec » à faire rigoler un traileur mais « sec » à faire déprimer un coureur de bitume plat). Pas d’accélérations franches dans les descentes car je commence à sentir mes articulations qui me font « coucou ! on est là, juste sous toi et on commence à en avoir ras-le-bol des impacts ». Au 14e km je fais connaissance avec la rue de Charenton, qui monte, beaucoup.

Coucou la côte de Charenton

Km 14-20 : Arrivée en haut de la côte je ne suis clairement plus de toute première fraîcheur et je commence à compter combien de kilomètres il me reste (généralement quand j’en suis rendue à ça, c’est mauvais signe). Ces 6 kilomètres se feront dans la douleur, j’en ai marre de courir, tout m’énerve. Dans les articles de course à pied on lit souvent que dans ces moments là « tout se joue au mental ». Bof, là mon mental il fait autant la gueule que mes jambes et donc je ne peux pas trop compter sur lui. (A postériori, je vois que toute cette portion n’est en fait qu’un long et traître faux plat montant). J’en viens même à marcher à 4 reprises sur quelques dizaines de mètres et finis par adopter un style de course en « accordéon » accélère-ralentis-accélère-ralentis-marche-accélère etc. Bof, je sais pas pourquoi j’ai fait ça, je ne me suis pas tellement posé de questions à ce moment là, je voulais juste finir cette satanée course.

Un aperçu de la météo. T’as vu il faisait beau. Et chaud. et sec. Bref, on essaye de garder le sourire 🙂

Km 20-21.1 : Un espèce de regain d’énergie venu de nulle part, on dirait presque le chant du cygne. Comme d’habitude, un supplément d’émotion vient s’incruster dans tout ce mélange déjà compliqué (douleur, lassitude, déception) et fait déborder le vase et me déclenche une crise d’hyperventilation que j’essaye de gérer méthodiquement. Grande anxieuse, je suis rodée à ce genre d’exercices à force de crises de panique à répétition, mais j’avoue que sur la dernière ligne droite avant l’arche d’arrivée c’est pas le moment idéal. Auto-blasée.

Fin et récup :

Une médaille décapsuleur mais pas de bière au ravito final. Je ne suis que tristesse.

Hop, ligne d’arrivée passée, re-crise d’hyperventilation à cause de l’émotion maintenant rendue à son paroxysme (« Pu*ain c’est enfin fini, hey tu viens de courir ton premier semi-marathon b*r*el ! »), on récupère notre médaille, ravito final et distribution de goodies (chips et mini-déo homme bourré de cochonneries, Ô joie) S’en suit le plus laborieux retour à la maison possible : mon corps trempé jusqu’à l’os et se refroidit lentement mais inexorablement, le moindre mouvement me demande un effort infini et je dois emprunter 3 lignes de métro différentes pour rentrer à la maison, ce qui signifie 3 fois plus d’escaliers et de couloirs à parcourir.

Comment je me sens après un 21km (sauf que ma maman girafe n’était pas là)

Conclusion

J’ai clairement commis quelques erreurs et je vais donc en tirer quelques enseignements :

  • Il faut que je me fasse plus confiance et ne pas me dévaloriser au moment de choisir mon sas.

    leçon numéro 1

    Ne pas avoir peur de choisir un sas qui correspond à mes objectifs. Dans le dernier sas, celui des 2h10 et + il y a ce « et plus » qui fait que j’étais mélangée avec beaucoup (beaucoup) de coureurs plus lents et peu de coureurs « comme moi ». Résultat, presque 10 km de slalom pour avancer à mon rythme. J’aurais du me positionner dans le sas précédent.

  • Faire plus de sorties longues en entraînement pour me familiariser avec ce fameux « mur des 16km ». je suis sûre qu’on peut bien s’entendre si on prend le temps de faire connaissance lui et moi.

AVANT

APRÈS (#goal #murdes16km)

  • J’ai couru seule avec 36 500 personnes autour de moi. Aucun proche pour m’accompagner au départ, seule sur le parcours (même si plein d’inconnus m’ont encouragée, les prénoms inscrits sur les dossards rendent service), seule à l’arrivée et je me suis sentie un peu gourde et triste de n’avoir personne pour m’épauler et m’attendre à l’arrivée.
  • je pense avoir payé un manque d’hydratation (avant, pendant et après : super combo !). Comme d’habitude, je ne bois pas assez, sauf que sur une distance comme ça, ça ne pardonne pas. (Si tu veux connaître mon souci avec la flotte, c’est par ici)

Est-ce que j’ai envie de refaire le Fitbit Semi-Marathon de Paris l’année prochaine ? franchement, je n’en suis pas certaine. Je n’ai pas aimé le parcours, l’ambiance n’était pas à la hauteur de ce que j’espérais. Le dossard n’est vraiment pas donné (j’ai payé 58€) et je m’attendais à mieux pour ce prix. Le T-shirt est très bof, plus de ravito solide aux deux premiers stands, les goodies sont ausi bof. Bref, je ne cours pas pour avoir des cadeaux mais quitte à en recevoir, autant qu’ils soient sympa et utiles. cela participe à l’expérience globale d’une course.

Est-ce que j’ai envie de courir d’autres Semi-marathons ? Oui et re-oui ! D’ailleurs j’ai déjà mon dossard pour les 20km de Paris en octobre prochain (bon, ok c’est un semi amputé de 1,097 km ).

 

3 Comments

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  1. @running_cytochrome

    Bravo pour cette course bien menée, si seulement un peu plus de personnes pouvaient avoir le même état d’esprit au lieu de vouloir jouer la compet à tout crin et se prendre la tête !
    Pour ma part je crois que je prendrai jamais (bon, faut jamais dire jamais, je sais, mais quand même ;-)) d’une telle « usine »… Je préfère de loin les courses un peu plus « rurales » (et dans les départements qui jouxtent Paris, c’est pas ça qui manque, où on ne se marche pas dessus et le dossard a un prix raisonnable !
    Belle journée Hélène !

    • Graine de Courge

      Oh ! Vous ici ! 😉
      Merci pour le commentaire. En effet, les courses « de masse » ont un petit côté usine/métro ligne 13 aux heures de pointe, mais quand l’ambiance est folle, c’est assez agréable de se laisser porter par la liesse (ce qui n’était clairement pas la cas ici). Les courses à taille plus humaine restent mes préférées également et en effet, pour peu qu’on accepte de prendre le RER pour passer le périph’ ce n’est pas le choix qui manque !
      Bonne journée à toi !
      H.

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