Mon premier triathlon

Mon premier triathlon


Hey ! Je crois que j’ai trouvé le plus petit format qui puisse exister ! J’avais envie de quelque chose de léger pour commencer. Je n’ai pas été déçue du voyage…

  • 150m de natation (en piscine),
  • 4km de vélo (sur un home trainer au bord du bassin)
  • et 700m de course à pied (dans le parc attenant à la piscine)

Même le Duc l’a dit.

En soi et sur le papier, rien d’insurmontable. Je fais régulièrement au moins 10 fois chacune de ces distances ! oui MAIS.

L’épreuve était présentée comme « découverte » (aucun certificat médical n’est demandé à l’inscription) avec une ambiance familiale et conviviale . Il y avait évidemment de ça, mais j’ai également ressenti le côté compétition alors que je ne m’y attendais pas du tout. Le niveau des participant(e)s (je suis partie avec l’unique vague féminine) était bon et je me suis sentie vraiment à la ramasse.

Mon égo et son avant dernière place au classement féminin allons très bien mais j’ai été surprise du niveau global pour un évènement « découverte ouvert à tous », j’imaginais qu’il y aurait plus de débutantes comme moi. Je me suis prise au jeu de la performance un peu malgré moi et j’ai vraiment tout donné sur des courtes distances, ce à quoi je ne suis ni habituée, ni entraînée. Bref, j’en ai bavé. il est là le « MAIS ».

Les distances de ce mini-triathlon sont absolument abordables quand on les prend séparément, mais c’est autre chose de  taper un sprint sur chacune d’elles et de les enchaîner sans répit. Si j’avais eu mon cardiofréquencemètre, je crois que j’aurais fait des yeux ronds comme des soucoupes en voyant les BPM.

triathlon-boulogne-billancourt-acbb-2018

l’affiche (jolie !) qui donne l’impression d’un truc épique. C’était épique !

La préparation

L’évènement est organisé par l’ACBB Triathlon de Boulogne et se déroule à la piscine de Boulogne, 4 lignes d’eau sont réservées pour l’occasion mais le reste de la piscine grouille de monde. Hop j’enfile la trifonction, avec la brassière de sport en dessous (le genre de détails qui ne s’invente pas).

Je vais partir avec l’unique vague féminine, nous sommes 7, le speaker nous appelle pour qu’on passe au marquage (oh, c’est la première fois qu’on me gribouille au marqueur indélébile sur le bras !) et qu’on règle nos vélos à l’avance et qu’on y dépose nos chaussures pour la transition.

HEUREUSEMENT que mon vélo était déjà bien réglé à ma taille car je n’aurais pas su me débrouiller seule. Je m’aperçois que les home trainer ont des pédales mixtes automatique/cale pied et je galère à les tourner dans le bon sens et y insérer mes pieds. ça promet pour la suite !

Tout est prêt, on nous appelle désormais dans notre ligne d’eau. L’immense majorité des participants font partie du club organisateur et arborent fièrement leur trifonction floquée. Je me dis alors que je suis entourée d’habitués, qui connaissent déjà bien le monde du triathlon.

Coucou les gars et les filles, moi c’est vraiment mon tout premier triathlon.

Nous sommes deux par ligne d’eau et pendant que tout le monde s’installe ma voisine m’adresse la parole : « Tu nages combien d’heures par semaine toi ? ». Heu. « entre une heure trente et deux heures ». Je ne me souviens plus de la suite de la conversation, je sais juste qu’à ce moment là je me suis dit « haha, ça rigole pas en fait ici  !« .

Partie natation

Top départ. J’ai à peine le temps de réaliser que l’épreuve a commencé que les autres participantes ont déjà une longueur  (25m) d’avance. Je me mets à accélérer (enfin, je fais de mon mieux quoi !). je n’avais pas imaginé ça comme ça. J’avais imaginé faire comme d’habitude quand je m’entraîne, tranquille, sans stress. Mais là, mon cerveau se met en grève et le seul signal qu’il parvient à m’envoyer c’est « Nage. VITE. Oublie pas de respirer quand même de temps en temps ».

Les jambes qui coulent, c’est moi !

Bon, évidemment, je suis débutante en natation et j’atteins mes limites techniques ET physiques. Ça devient très vite très pénible, je tire fort sur les bras et je m’essouffle. Heureusement qu’il me reste quelques automatismes techniques acquis à force d’entraînement de cours de natation (rappel : je ne savais pas nager il y a 7 mois). Éclair de lucidité dans mon for intérieur : j’arrive quand même à ralentir un peu les battements de jambe car j’ai le vague souvenir de savoir que c’est pas efficace et ça consomme beaucoup d’énergie. Il me reste 25m pour la partie natation et je suis déjà au bout de ma vie et en bout de classement.

TOUT VA BIEN. (tentative d’auto-persuasion)

Souvenir ému du moment où il a fallu sortir de l’eau en bout de ligne, sans échelle donc, et avec un bord très haut (côté plots de plongeon).

Inutile de préciser que ce n’est pas moi sur ce gif.

En temps normal je suis incapable de me hisser hors de l’eau (et je n’ai jamais pensé un seul instant à m’entraîner à cela haha) mais alors là…dans cet état…c’était à mourir de rire. Un des organisateurs m’a hissée hors de l’eau à bout de bras, j’étais incapable de faire quoi que ce soit, tétanisée et épuisée, j’étais littéralement morte de rire et de honte en même temps.

Je garde un beau bleu-souvenir de cette sortie de bassin

Hop hop, je rejoins le parc à vélo, le monsieur a dit « on ne court pas ».

Partie vélo

Bon. il est l’heure de remettre ses chaussures. La motricité fine ? c’est quoi ? Je n’ai JAMAIS autant galéré à mettre une paire de chaussures. Je crois que mon petit auto-cadeau « lacets élastiques autobloquants Xtenex » ne sera pas du luxe la prochaine fois.

NEED.

J’ai observé les vagues de participants précédentes, aucun n’avait de chaussettes dans ses chaussures. J’ai décidé de me la jouer « wai, moi non plus je mets pas de chaussettes dans mes chaussures ».

Ce détail a une grande importance pour la suite. J’enfourche le vélo et là, je perds littéralement 30 secondes à essayer de glisser mes pieds dans les cale-pieds, c’est une galère sans nom ! Je finis par attraper le cale pied avec ma main afin de pouvoir viser juste avec le bout de ma chaussure avant que la pédale ne se retourne sur elle-même.  Les vélos sont paramétrés pour un décompte de 4km et on a aussi le nombre de rotations par minute qui est affiché.

J’apprendrai à la fin de l’épreuve que la dureté de la résistance pouvait être ajustée. joie. Le mien est donc resté bloqué sur « niveau 4 » durant toute l’épreuve de pédalage. Un des organisateurs passe dans les rangs, jette un œil sur mon compteur et me dit « allez allez, faut monter jusqu’à 86 rpm ». Je suis certaine qu’il s’agissait d’une attention bienveillante censée me motiver mais à ce moment là j’avais juste envie de hurler « Vous tenez vraiment à ce que je décède là maintenant , tout de suite ? ».

Allez, on pédale. J’essaye de garder le sourire mais en fait j’ai mal partout.

Ce même organisateur vient à nouveau se pencher sur nos compteurs et fait un rapport détaillé au speaker des distances restant à parcourir de toutes les participantes en lice. Je ne suis pas une compétitrice dans l’âme, mais là, pour une fois je n’ai juste pas envie de finir dernière. Alors j’y vais à fond. mais genre, vraiment à fond.

Sur l’épreuve du vélo, je me sens un peu plus en confiance, j’ai confiance en mes « bonnes cuisses » sur lesquelles je râle souvent de ne pas passer dans mes jeans. Cela ne m’empêche pas d’être fatiguée, d’avoir le cœur qui est au taquet du taquet et d’arborer une jolie coloration rouge sur mon visage.  Petit à petit les participantes quittent le parc à vélo, nous ne sommes plus que deux et j’ai pris de l’avance sur ma camarade d’infortune (nous étions sorties du bassin quasiment en même temps). C’est ma petite victoire intérieure du jour ! (dans ces situations on se satisfait de peu croyez-moi !)

Partie course à pied

Bon, à ce moment là de l’épreuve, je ne suis clairement plus de toute fraîcheur. Alors que rappelons que je n’ai parcouru QUE 150m de natation et 4km de vélo (pffff)  Il me reste 700m à courir et je sais bien que j’ai un facteur limitant bien plus limitant que ma fatigue du moment : mon tendon d’Achille (blessé suite au semi de Paris et aux foulées de Clichy à 2 semaines d’intervalle). J’ai une vitesse limite à ne pas dépasser pour le ménager. J’y vais tranquille. La partie course à pieds passe presque nickel (qui l’eût cru !), enfin l’occasion de souffler un peu et de calmer le palpitant qui s’était un peu affolé jusqu’ici.

Je gère.

Je redoutais la transition vélo/course à pied mais en fait je n’ai pas du tout ressenti d’effet « jambes de coton » en descendant du vélo ! Nous courons dans un parc très fréquenté en cette après-midi ensoleillée du mois d’avril. Les promeneurs sont surpris de voir débarquer des coureurs en combinaison moulante encore ruisselantes…ce petit décalage a tout son charme. Surprise ! le parc est construit sur une butte….ça veut dire qu’en plus d’avancer, il faut monter en altitude (ok ok, on est à Boulogne, ce ne sont pas les Alpes, mais quand même !)

Vous vous souvenez des chaussettes que j’ai décidé de ne pas enfiler à mes pieds ? Voilà, nous y sommes. je porte des semelles orthopédiques dont le revêtement en contact avec le pied est du plastique lisse.

Dans une chaussure, la semelle intérieure est recouverte de maille textile et donc le pied humide ne bouge pas beaucoup. là, j’ai recréé une mini patinoire à l’intérieur de ma chaussure et j’ai bien cru que j’allais me tordre la cheville en courant tant mon pied glissait, et ce même avec les lacets bien serrés ! Il va falloir que je trouve une solution.

Je passe enfin la ligne d’arrivée. Voilà, je l’ai fait ! On me donne mon chrono, que j’oublie immédiatement car pour moi, il ne correspond à rien : je n’ai aucune référence ! Plus tard, je le redemanderai par curiosité : 16:44. C’est à la fois long et court.

Les trois meilleures participantes reçoivent un lot, les autres rien (ou alors je suis partie avant !). Comme je dis souvent, je ne cours bien évidemment pas pour avoir une médaille/T-shirt/babiole mais un petit quelque chose (même symbolique) fait toujours plaisir ne serait-ce que pour avoir un souvenir. Cela a contribué à mon impression générale d’un évènement pas vraiment « grand public sportif débutant » en réalité, même si l’ambiance était bonne !

En bref

Cette première expérience m’a vraiment secouée par son intensité. Je ne m’y attendais pas et je ne suis pas entraînée au sprint (pour aucune des trois disciplines). Pour être honnête, le plaisir n’est arrivé qu’après la ligne d’arrivée car pendant l’épreuve j’étais plutôt dans la souffrance et le « mais qu’est-ce que je fais là en fait ? ». Au moins, je sais ce que ça fait d’être poussée dans ses derniers retranchements sur le volet « intensité » (et je n’aime pas ça).

Mon état à l’arrivée.

Cependant,

  • Cela m’a donné un avant goût des transitions et de l’enchaînement des trois disciplines. C’était le but initial !
  • j’ai pu tester la combi trifonction en condition et c’est vraiment très pratique. Dans le vif, je pense que je n’aurais pas su gérer des soucis d’habillement supplémentaires.
  • C’était dur mais je ne suis pas découragée ! J’ai envie de tester un triathlon format un peu plus long, donc un peu moins « sprint », sans classement ou alors des participants vraiment détendus par rapport à cela.
  • J’ai pu identifier les points à améliorer/régler rapidement : apprendre à se hisser hors d’un bassin, souci de semelle intérieure qui glisse , je ne sais pas faire mes lacets etc.

 

 

 

 

6 Comments

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  1. MarieD @running_cytochrome

    Chouette récit que tu nous livres là ! J’ai plusieurs fois ri même si je pense que dans le moment tu ne devais pas en mener large ! En tous cas bravo d’avoir fini, tu as pu démontrer à toutes ces nanas qui s’entraînent en club que tu peux y arriver toi aussi !
    Bon par contre, le souci c’est que ça me donne envie d’essayer moi aussi ! Reste plus qu’à trouver un pied valide et je fonce 😉
    J’espère que ton talon d’achille va mieux depuis !

    • Graine de Courge

      Hey Marie !
      Merci pour ton commentaire ! Non, je n’en menais pas large du tout 😀
      J’ai hâte de recommencer, peut-être dans un autre contexte et peut-être avec toi alors !
      Mon tendon va couci-couça, y’a des jours avec et des jours sans, aucune logique :'(
      @+ autour d’une bière pour débriefer de vive voix du casque Aftershokz !
      H.

  2. Crocus neige

    Alors j’ai vu passer tes posts sur Instagram et en ayant vu le programme « sur le papier » je me suis dit « ben toutes ces distances sont riquiqui par rapport à ce qu’elle fait d’habitude, bizarre qu’elle fasse état d’un sentiment d’être au taquet »… alors en Lisant ton récit d’abord je ris à haute voix (ce qui est rare chez moi mon rire étant plutôt intérieur) et je Comprends!!!!! Et j’aurai été pile comme toi bon sauf la sortie de bassin peut être! Bravo et merci pour ta sincérité et spontanéité!

    • Graine de Courge

      Hey ! vous ici ! quel plaisir 🙂
      Merci pour la compassion (et le rire ! c’est important de dédramatiser les situations sportives un peu pourries !) et je suis preneuse de toute technique de sortie de bassin 😀
      à très vite sur instagram ou ici 😉
      Hélène.

  3. Béa et le thé brodé

    Oh la la je compatis pour la sortie de bassin ! Je suis toujours admirative des nageuses et nageurs de mon groupe qui le font … moi, même sur le petit bord je n’y arrive pas, c’est une cata ! J’ai honte
    Pour les semelles, truc appris ce week-end, dans un magasin de running ( non pas pour moi, pour ma fille ) : mettre t’es semelles orthopédiques sous la semelle de propreté de ta chaussure ! Attention toutefois à la sur-épaisseur.
    Voilà
    Sinon bravo !

    • Graine de Courge

      Merci ! Allez viens on va faire un atelier sortie de bassin (avec grâce, force et délicatesse of course…) ! Merci pour le truc des semelles ortho en sandwich. Je testerai même si je crains que ça soit un peu trop épais. Ou sinon, vu que je ne compte pas me lancer sur un Ironman, garder mes semelles d’origine, pour 1-5-10km ça devrait le faire !
      à bientôt !
      Hélène.

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