Les Foulées de Clichy 2018 : une course qui compte

Les Foulées de Clichy 2018 : une course qui compte


« Les foulées de Clichy » est (sont ?) une course de 10km homologuée FFA comme il en existe beaucoup d’autres : à taille humaine avec ses 500 finishers,  un parcours urbain en banlieue parisienne proche, (très bien) organisée par le club d’athlétisme local. C’est une « petite course très sympa » (et ce n’est absolument pas péjoratif) mais pour moi elle compte beaucoup, à plusieurs titres  (attention, séquence émotion) :

  • l’édition 2017 était ma toute première course officielle et il me tenait à cœur d’y participer à nouveau un an plus tard, une sorte de pèlerinage. J’avais bouclé les 10km en 59:32 après une préparation suivie très rigoureusement !
  • Chaque année, une partie des bénéfices est reversée à l’une des associations en faveur des patients de l’hôpital Beaujon, établissement auquel je suis très attachée car j’y ai débuté ma vie professionnelle.

Je n’ai pas couru depuis le semi-marathon deux semaines plus tôt. Est-ce une bêtise monumentale ou pas, je ne sais pas. Toujours est-il que j’ai préféré ne pas forcer sur mon tendon d’Achille qui a un peu morflé au bout de ces 21km. Je ne suis pas pour autant restée inactive puisque j’ai nagé et pédalé. Résumons : j’y vais presque en touriste, comptant sur mes acquis et mon état de forme générale.

Avant la course, le doute m’habite. Suis-je bien préparée ?

OH WAIT ! Un peu comme pour toutes les courses en fait ! Mais là, j’angoisse car cette course est très importante pour moi et j’ai peur de me décevoir en ne faisant pas mieux que l’année dernière. Pour ajouter un peu de rock’n’roll à tout ça, le lendemain de l’achat de mon dossard, j’ai appris que je serai sur scène avec mon groupe de musique….la veille de la course. Cela implique des choses à gérer en plus :  de la tension émotionnelle et de la fatigue (être une rockstar n’est pas de tout repos :P). Grosso-modo, pas de traditionnelle soirée plaid-tisane-dodo à l’heure des poules avant la course !

Une Graine de Courge se cache dans ce GIF.

Dimanche matin, je décide de me rendre à pied au départ : 4 km sous la neige pour m’échauffer et me mettre les yeux en face des trous, la tête encore dans le concert de la veille au soir. J’arrive sur les lieux et croise quelques anciens collègues, cela me fait extrêmement plaisir de retrouver des têtes connues alors qu’habituellement je fais mes courses toute seule (Je joue la grande fille autonome mais j’aime bien quand il y a du monde pour m’encourager !)

j’ai des collègues formidables.

Le départ approche et tout le monde se groupe derrière l’arche, il n’y a pas de sas par niveau et l’ambiance est bonne ! Par contre, depuis que j’ai déposé mon pull surnuméraire à la consigne, je me congèle petit à petit et j’ai hâte de me réchauffer en courant ! Question tenue, j’ai opté pour la même qu’au semi de Paris deux semaines plus tôt, « on ne change pas une équipe qui gagne » mais je n’ai pas résisté à inaugurer mon nouveau coupe-vent ce qui m’a valu une petite fantaisie : je ne voulais pas l’abimer en piquant mon dossard dessus, alors j’ai testé l’accrochage latéral cuisse droite sur la ceinture de ma banane-à-téléphone/clefs décath ! C’est absolument validé, je trouve ça presque plus agréable que sur le buste ! (question homologation je ne sais pas si c’est autorisé, mais là ça n’a pas posé de soucis)

banane dans le dos avec dossard sur la hanche côté cuisse droite. 3 points d’accroche. Aucune gêne ni frottements !

Pouf pouf. On part ! 1km de slalom pour trouver ma juste place dans le cortège en fonction de mon allure « de croisière », mais cela s’est fait sans heurts ni à-coups. Petit à petit, je me rends compte que je me stabilise autour de 5:30 au kilomètre. Je suis à la fois surprise, contente et remplie de doute : « Ok, c’est cool, là ça passe nikel mais quid de tenir comme ça sur les x km restants ? » (oui, je me parle exactement comme ça :D). Il faut dire que jusqu’alors, le 5:30 je ne l’avais expérimenté que les jours de grande forme sur des distances de 5km. Je décide de me faire confiance car mon corps sait ce que représentent 10km (je sais dans quel état j’étais au 10e kilomètre sur semi-marathon et l’allure qui allait avec !). Hop : « ça va le faire » et « arrête de fixer ta montre ».

Le parcours consiste en deux boucles de 5 km au cœur de la ville de Clichy, avec dénivelé rikiki et un ravito. La première boucle se déroule parfaitement bien et arrivée au ravitaillement je décide de boire même si je n’ai pas soif. Ce qui est important c’est d’apprendre de ses erreurs : au semi deux semaines auparavant, je n’avais rien bu avant le 15e kilomètre (oui, c’est mal, très mal). J’entame la deuxième boucle le sourire aux lèvres, sincèrement contente d’être là !

Au 7e kilomètre, je regarde ma montre et là, c’est le drame. Elle m’indique toujours une allure moyenne de 5:30 ! C’est tellement fou et je suis tellement contente que je n’ose y croire et BAM les émotions s’invitent dans la partie et commencent à me faire hyperventiler et couler les yeux. PAYE TON EMOTIVITE AU 7e KM QUOI ! (Il ne s’agit pas d’hyperventilation à cause d’un effort trop soutenu. Des années d’expérience : je sais bien identifier quoi est quoi). Pas de panique, je suis rompue à l’exercice de maîtrise des situations pourries de ce genre alors j’arrive à me calmer rapidement avant que cela ne prenne des proportions trop handicapantes. Re-belote au 8 et 9e km. Ô joie.

Mis à part ça, la deuxième partie de course se déroule aussi bien que la première : rythme stable, pas de douleurs, je me donne sans être « dans le rouge ». Je croise la collègue venue m’encourager plusieurs fois sur le parcours et cela me motive beaucoup. Les spectateurs et passants encouragent aussi beaucoup les coureurs, c’est toujours touchant un petit sourire, un « Allez, c’est bien ! » ou « Bravo, super ! ». Un fois passé l’arche de départ, il reste encore 3/4 de tour de stade à parcourir pour atteindre l’arrivée. Je n’ai pas d’idée précise de mon chrono à ce moment là car j’ai configuré ma montre de sorte à ce qu’elle n’affiche que la distance et l’allure. De loin, j’aperçois le chrono qui indique 00:57 et quelques, c’est bon, quoi qu’il arrive j’ai fait mieux que l’an passé ! et puis il faudra ajouter le décalage au départ car je suis partie en queue de peloton. Je passe la ligne, récupère ma médaille et là, rien ne va plus : je me mets à pleurer toutes les larmes de mon corps et à avoir l’estomac pris de violents spasmes. l’émotion est vraiment trop forte et je ne sais carrément pas gérer cela !

allégorie : le chat des émotions détruit la maison du self-control.

D’habitude j’ai toujours la larme à l’œil, mais là c’est le pompon et j’atteins très rapidement le summum du glamour : le visage rougi et noyé sous les larmes, le nez qui coule, et les spasmes (Surligne ci-après si tu veux le détail : => oui oui c’est comme si tu vomissais mais vu que ton estomac est vide ou quasi-vide ça n’arrive pas vraiment). A ce moment précis, je me sens vraiment au plus bas sur l’échelle de la dignité. 

Même Dave Grohl le dit.

HAPPY END COMME DANS LES FILMS : C’est là qu’une bénévole vient auprès de moi et me rassure, me parle, me tient la main et me fait un câlin, oui oui, un câlin dans les bras d’une inconnue. C’est très exactement ce dont j’avais besoin à ce moment là et cela suffit à m’apaiser très rapidement. Mille mercis à elle.

Epilogue

Le temps officiel est tombé par SMS peu après (super appréciable comme système) : 00:56:19. Je retiens surtout que maintenant, je suis capable de tenir un rythme de 5:27 sur une telle distance (un poil plus que 10km donc) et j’ai gagné 3 minutes 13 par rapport à l’année dernière ! J’ai pris énormément de plaisir à participer à cette course très bien organisée et j’ai trouvé les goodies (médaille et serviette de piscine à la place du T-Shirt) beaucoup plus qualitatifs que l’an passé. J’ai une fois de plus envie de l’inscrire à mon calendrier sportif l’année prochaine…pour un nouveau record ?

à l’arrivée, aux côtés d’un éminent collègue lapin.

 

 

 

 

5 Comments

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  1. printanelle

    Très chouette à lire!
    Le gif du chat est tellement bien trouvé. En tout cas c’est toujours impressionnant je trouve à quel point ce qui semblerait ne concerner que le corps, les capacités physiques n’est pas sans reste du côté représentations internes et émotions !
    Au fait, je trouve ça trop mignon que tu parles de serviette de piscine, peut être que pour les organisateurs c’est juste une serviette pour s’éponger quand on court/on fait du sport ? Ce serait choupi si c’est toi qui l’associe forcément à la piscine 😉
    Bravo pour ta course, ton record et ces kilomètres en montagnes russes malgré le dénivelé rikiki !

    • Graine de Courge

      Oh ! Vous ici !
      Pour la serviette, c’est vrai qu’elle pourrait tout autant convenir aux douches post-sport, quelque soit le sport, mais pour moi, ça en fera une de plus dans ma collection « piscine » 😀

  2. @running_cytochrome

    Bravo pour cette course et ton CR très bien écrit ! ça donne vraiment envie de courir tout ça par contre !

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