Le Trail du Muguet 2018

Le Trail du Muguet 2018


C’est pas comme d’habitude…

Pour chacun des dossard accrochés depuis mes débuts en course à pied, je savais toujours au fond de moi que j’allais parvenir à passer la ligne d’arrivée. Ce n’est pas un excès de confiance en soi, c’est simplement mon principe de prudence qui est à l’œuvre : je ne m’engage pas sur des trucs en totale déconnexion avec mon niveau de pratique.

Mon for intérieur quand j’envisage une inscription à l’UTMB. lolilol.

Cette fois-ci, la donne était très différente sur la ligne de départ :

  • Première course depuis ma blessure il y a 4 mois (une sympathique tendinopathie achiléenne) : je suis encore fragile et pas rétablie. J’ai cependant obtenu le feu vert du kiné pour cette course, sous réserve d’être à l’écoute de mon tendon et de m’arrêter au besoin. Il est évident que sans cela, je ne me serai jamais lancée dans cette aventure !

J’avais très très très envie de faire cette course.

  • Aucune préparation spécifique possible (Contrainte par mon plan de rééducation du kiné = pas de fractionné, pas de sortie >25 minutes). Je m’en remets donc à ma forme physique générale, entretenue tant bien que mal par le vélo et la natation.
  • bonus : +6kg  (et pas que du muscle). Je n’ai pas de soucis avec mon apparence, mais je sens bien que je suis plus lourde à porter. En course à pied, c’est flagrant et difficile.

On ajoute à cela un entraînement? à J-5 de l’épreuve, stoppé net à au bout de 20 minutes  à cause des douleurs qui se réveillent. Joie intense. Comment allait réagir mon corps pour une durée de course au moins 3 fois supérieure ? Tu sens l’incertitude poindre ?

 

La course

Je connais cette course francilienne et je sais qu’elle est bien sympathique ! Je retrouve l’ambiance et le tracé que j’avais aimé l’année dernière….mais aussi les petits désagréments habituels comme les bouchons (on s’est arrêtés totalement 4 fois et pris des coups de bâtons des marcheurs pressés) en début de parcours car il n’y a qu’une seule vague pour le 10km et le 21km.

Je ne vais pas détailler le déroulé par kilomètre, je ne m’en souviens plus, trop occupée à profiter et palabrer avec Faustine. Tout s’est plutôt bien passé, le parcours était assez varié : du single « à la queue leu leu » au large chemin propice aux dépassements, de la terre bien tassée aux petites descentes caillouteuses, du faux plat et une bonne grosse grimpette à la fin (bon ok, c’est pas les Alpes), de la moiteur du sous-bois à la cuisson grill sur le « village de la course ». C’est un parcours idéal pour une première approche hors bitume.

Je ne suis sur aucune photo officielle de la course, alors voilà une photo floue de la gopro tenue à bout de bras. Appréciez le piqué de l’image.

Pour cette course, j’étais en binôme avec Faustine, rencontrée sur Instagram ( @faustine_run_vegan), qui a un TFL en voie de guérison. Ensemble, nous avons adopté une stratégie de préservation et de maximisation du plaisir dans l’effort :

  • Marche préventive dans tout le d+, même léger (de toutes façons mon cardio aurait eu du mal à suivre)
  • Allure très tranquille sur le plat autour de 6:30/7 :00 (mais je me suis fait plaisir dans les descentes, pour plus de fun !)
  • Papotage tout du long.
  • et pour moi : manchons de compression pour limiter le ballottement des mollets (ceux qui me suivent savent que ce n’est pas une évidence d’oser porter cet accessoire pour « seulement » 10 km)

Les kilomètres défilent et ni elle ni moi n’avons de signaux douloureux à nos blessures respectives , quelques petits chatouillis tout au plus. C‘est assez inespéré. Du coup ma principale crainte est de zapper, volontairement ou non, les signaux de mon corps, de ne pas être assez attentive !

Sorry tendon, j’écoutais pas.

Intérieurement, c’est la nouba des pensées, tout se mélange : « Est-ce que j’ai mal ? Est-ce que mon corps me trolle ? Est-ce qu’il masque la douleur ? Est-ce que je n’invente pas des sensations avec le stress ? Est-ce que je somatise les gratouillis ? Est-ce que je n’ai vraiment PAS MAL ? ok. TAKE IT EASY « 

Zou, à une centaine de mètres de la fin, c’est la bifurcation pour continuer sur le 21km, pas d’hésitations, nous allons nous contenter de 10km. Mais que vois-je…l’arche d’arrivée, ça y est, c’est déjà fini ? Nous la passons toutes les deux avec un grand sourire.

Verdict : 1h22 pour 10km / 210m d+.

Et voilà le travail ! Faustine et moi passons la ligne d’arrivée 🙂

Mes jambes ont globalement bien encaissé mais alors le cardio c’était autre chose. Bon, ok j’ai beaucoup parlé et il faisait méga chaud, mais quand même on ne courait pas bien vite. Il y a encore du boulot et ça tombe bien, je suis enthousiaste à l’idée de m’entraîner encore.

Nous rejoignons ensuite le ravito final (et unique) pour retrouver Marie, une comparse instagram (@running_cytochrome) également blessée (oedeme osseux)  qui a décidé de profiter de l’ambiance de la course du côté organisation comme bénévole ! Nous papotons et débriefons dans la joie, la bonne humeur et les 40° du soleil au zénith.

 

Une nouvelle expérience

Une grande première dans ma petite expérience de sportive : j’ai régressé.

J’ai perdu 9 minutes sur mon chrono par rapport à l’an passé. J’avoue que cette situation (que je savais inexorable vu les conditions) m’a beaucoup fait réfléchir – et angoissée. Je redoutais ma propre réaction face à ce qui peut ressembler à un échec, je m’imaginais déjà être en proie à une grande tristesse et une immense vague de perte de confiance.

QUE NENNI. (oui, il y a encore des gens qui utilisent cette expression)

J’ai ressenti de la joie. Pas une immense joie avec hyperventilation et pleurs, comme cela m’arrive régulièrement à la fin des épreuves (#payetonemotivité), mais une joie bien plus intime, un genre de respect ultime envers moi-même sous forme de « bien joué ! C’était pas gagné d’avance mais on s’en est bien sortis ».

 

Good job.

 

Le mot de la fin

On ne s’enflamme pas.

Après cet extra très sympathique, je reviens à mon plan de reprise strict, c’est à dire deux sorties de 30 minutes dans la semaine ! Qui veut aller loin ménage sa monture et achète des nouvelles baskets de trail.

 

 

 

 

5 Comments

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  1. MarieD @running_cytochrome

    Super CR, c’était vraiment cool de te croiser ce jour là, et d’avoir l’occasion de papoter dans la touffeur du ravito d’arrivée.
    J’espère pouvoir bientôt être de retour aussi sur les chemins, il me tarde mais comme tu le dis, il ne faut pas brûler les étapes, et écouter son corps !

    • Graine de Courge

      Plaisir partagé !
      En attendant d’arpenter les chemins côte à côte je te dis à bientôt dans l’eau douce 😀

  2. Faustine

    Joli compte rendu! Je suis ravie d’avoir partagé ce moment avec toi. Il n’y a pas de regression, tu es blessée c’est différent. Une fois le tendon revenu a 100% tu pourras reprendre une préparation plus technique! Vivement !

    • Graine de Courge

      Oui, vivement ! Mais en attendant, patience et bienveillance.
      C’était super de te rencontrer sur cette course…La prochaine fois je viens squatter le bois de Boulogne avec toi 😛

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