La Sans Raison 2017

La Sans Raison 2017


« Vin Chaud », je crois que ces deux mots auront suffi à me convaincre de prendre un dossard pour  « La Sans Raison ». Vile ivrogne que je suis (avec modération of course). Parce que franchement, il en faut des bonnes raisons pour aller gambader joyeusement par une froide et humide matinée de mi-novembre. En voici une petite liste :

  • Vin chaud au ravito final. Course sponsorisée par le Fromage d’Abondance et une marque de Reblochon. Pourquoi cette course s’appelle la sans raison, moi je la vois tout à fait la raison : le GRAS !  😀
  • L’opportunité de s’aérer dans la verdure et de trouver un petit petit peu de d+, tout en restant accessible en transports en commun (Et dire qu’il va falloir que je passe le périph tssssss la vilaine parisienne :))
  • Parce que l’offre de parcours a l’air cool et que chacun peut y trouver son compte (35 km 600 m d+, 16km 320 d+, relais 2 x 7.5 km 300m d+, courses enfants). j’ai mis en gras ma mention utile.
  • Parce qu’on y va à plusieurs et que je me suis laissée embarquer. Simon qui passe par là se reconnaîtra.

Les préparatifs

Aucune préparation spécifique pour ce trail courte distance. Simplement ma routine habituelle (course bitume, natation, renforcement musculaire, bière et raclette of course) ainsi qu’une sortie nature avec un peu de d+ et beaucoup de rando parce que j’étais en vacances dans un pays un peu montagneux. Pas la tête à faire un « bon chrono », pas envie, pas important pour moi en ce moment. Bref, vous l’avez compris, j’y vais essentiellement pour le vin chaud et le from’ton.

Ma préparation  mentale s’est résumée à me demander « quand est-ce qu’on mange ? » pour être en totale harmonie avec les valeurs de mon estomac.

Et enfin, la préparation logistique est celle qui m’a demandé le plus d’énergie. Pour la bonne est simple raison que la traditionnelle plainte « j’ai rien à me mettre » (et sa variante « mais comment je m’habille alors ? ») était ABSOLUMENT de circonstance. C’est vrai ça, c’est mon premier hiver de newbie qui court, je sais pas comment me fagotter ! et s’il pleut ? et si j’ai trop chaud ? et si j’ai trop froid ?

Tous les jours, je regarde les prévisions météo pour la date fatidique et c’est franchement pas joli joli. Et c’est de pire en pire. A J-1, c’est maintenant une certitude : il va pleuvoir, avec du vent et du froid. Je me prépare donc en conséquence en glissant dans mon sac un coupe-vent (qui coupe un petit peu la pluie aussi), un collant long, un t-shirt manche longues et une casquette. Ce dernier équipement peut paraître saugrenu mais il me sera TRÈS utile, la casquette sous la pluie, c’est une condition sine qua non pour conserver un peu de confort dans des conditions météo toute pourries, quitte à sacrifier un peu de classe. Je n’oublie pas mon eco-cup Kronembourg édition Hellfest 2017 (oui, ça donne un petit cachet à mon race pack) car aucun gobelet ne sera distribué au ravitaillement.

La fameuse éco-cup.

Il y aura des consignes gratuites, alors j’emmène une grosse polaire et un T-shirt sec de rechange. J’aurais du penser à amener une tenue complète de rechange en fait.

La course se déroule en banlieue verdoyante à 1h15 de transports en commun, donc : retrait du dossard sur place, lever tôt et combo métro-train-tramway. Un fois sur le lieu de départ, l’organisation est bien pensée, tout est fluide (retrait du dossard, consignes), il règne une ambiance plutôt chaleureuse (pas difficile, il fait froid et humide dehors, donc tout le monde est entassé dans le gymnase et forcément, ça réchauffe l’atmosphère).

La course

Le départ est prévu à 9h45. à 9h40 tout le monde est encore au chaud dans le stade et à 9h43 il se met à pleuvoir, fort mais il va bien falloir aller se mettre en place derrière l’arche. Gla Gla. Nous partons donc sous la pluie, c’est encore supportable et je me dis que mon coupe-vent va tenir le coup. 100m après être partis, nous nous prenons une énorme saucée, un déluge avec du vent en plus, un truc que généralement tu regardes depuis un intérieur cosy, au coin du feu roulé dans un plaid, tisane à la main en te disant « On est vraiment bien là au chaud, j’aimerais franchement pas être dehors ». Voilà, sauf qu’on était dehors. En 10 secondes j’étais trempée comme une serpillère pas essorée.

Courage, il ne reste plus que 16,6 km.

Vous n’êtes pas sans savoir que terre + eau = boue. Nous avons donc couru 16.7 km dans la boue et passé 80% du temps sous la pluie. C’était une expérience intéressante qui m’a permis de découvrir que passée l’immersion initiale quelque peu saisissante, on a pas si froid que ça à force de mariner dans une eau tiédasse.

Je ne peux pas détailler le parcours par tranche de 5 kilomètres, car je ne me souviens plus bien de la chronologie/topologie. En effet, je n’ai quasiment pas regardé ma montre (trop occupée à regarder là où je mettais les pieds et la manche de mon coupe-vent la cachait). Mais voilà quelques remarques générales :

  • Parcours que j’imagine être ravissant par beau temps. Là, dans ces conditions j’avoue que je n’ai pas beaucoup profité du paysage. Un bon équilibre entre les largeurs de chemins, des larges pour doubler/se faire doubler sans encombre, des plus étroits pour le plaisir de fouler des singletracks pittoresques et sinueux. Je n’ai été freinée que 4 ou 5 fois par un coureur plus lent devant, sans possibilité de doubler : raisonnable.
  • Je n’ai pas vu passer les 320m d+ (360 à ma montre), tant mieux ! (serait-ce un début d' »aisance » ?)

Annoncé comme un 16km, 320m d+, ma montre (en qui j’ai grande confiance) fait état d’un 16,7 km pour 360m d+.

  • Le ravito intermédiaire au 8e kilomètre n’était pas folichon du tout. Quand j’y suis passé il n’y avait quasiment rien mis à part deux trois fruits secs et de l’eau. J’ai zappé la partie solide et me suis contentée de la barre de céréales que j’avais emportée dans mon sac.
  • Très bonne ambiance sur le parcours : coureurs courtois, rigolos, respectueux et attentifs.
  • Des passages potentiellement très très très glissants à cause de la boue, on aurait facilement pu concurrencer le mud day et autres.

 

Ceci est une vraie vidéo de la course. Entre deux averses. Admirez le moelleux du terrain. Splouitch.

Côté ressenti et performance, cette course s’est plutôt bien passée pour mes jambes et moi-même. Je n’ai pas eu de mal à trouver mon rythme, je n’ai pas glissé, je ne suis pas tombée. A ce propos, je n’avais jamais testé mes Mizuno Kazan 2 dans de telles conditions et je dois avouer que j’en suis pleinement satisfaite, j’étais stable et pleine de confiance dans la bouillasse alors que plusieurs personnes devant moi vacillaient (et splouitch !)

j’ai remarqué avec grand bonheur quelques améliorations depuis mes débuts en course nature/montagne : mes descentes sont plus fluides et moins hésitantes, même si je marche dans les montées, je parviens à le faire de bon pas. Mon petit cœur a encore du mal à enchaîner directement une montée suivie d’un plat, il me faut quelques dizaines de mètres pour reprendre mon souffle avant de me remettre au trot. Mes jambes ont tenu le coup sans souci jusqu’au 15e kilomètre où, pour la première fois depuis que je cours, mes mollets m’ont fait des sensations de pré-crampe, sans toutefois déclarer de vraies crampes. cela a duré quelques centaines de mètres puis s’est estompé.

La fin

On sort du bois et on entend la clameur du stade : bientôt la fin, vive le vin chaud, vive le fromage. Il faut savoir se rappeler pourquoi on court, c’est important pour entretenir la motivation.

Plus que 200 mètres et comme d’habitude, à chaque course c’est le moment le plus dur pour moi car mon corps me trolle sous le coup de l’émotion. Oui, je suis émue à chaque fin de course et du coup, j’hyperventile, je commence à tétaniser et à pleurer alors que je ne suis pas triste ! C’est parfaitement incontrôlable et relou à souhait. Parce qu’à chaque fois je me dis que « ça y est, je l’ai fait » que je me rappelle d’où je viens, que le chemin a été long et qu’il est encore long.

HOP HOP HOP fin de la séquence émotion, je trouve la force de me ressaisir et affiche un sourire de pub de dentifrice pour passer la ligne d’arrivée car OUI, je suis contente et un peu fière de moi quand même. Les bénévoles et quelques spectateurs sont là pour nous féliciter, on nous remet une médaille rigolote et je me laisse guider par l’odeur du vin chaud qui m’amène sous un grand barnum. Et là, c’est Byzance : soupe, beignets Nutella, crêpes, vin chaud, sandwich au fromage (Abondance ou Reblochon de qualité). C’est très bienvenu, étant donné le temps de chien dehors, il est très agréable de réchauffer ses mains contre un gobelet en plastique rempli d’un breuvage fumant.

Manger. Boire.

Je décide ensuite de me délester de 3 kilos de fringues trempées (splouitch) pour me glisser dans mon T-shirt sec et ma polaire (mmmm). Tout le monde se change dans le gymnase, si vestiaires dédiés il y avait, alors je ne les ai pas trouvés. Pas grave, ce n’est pas un coureur en slip qui va me choquer (bon là c’étaient plutôt 20 coureurs en slip qui occupaient l »‘espace vestiaires », esprit colonie de vacances quoi)

Il y avait un espace kiné/massage/podologie mais je n’ai pas osé y aller. Sans doute pour la prochaine édition !

Je retrouve ensuite Simon (celui qui m’a embarquée dans toute cette histoire !) à l’arrivée de son 35km et là, miracle, quelques rayons de soleil font leur apparition pendant que nous échangeons nos impressions.

Aller/retour : le jeu des 7 différences

Conclusion

Une course à taille humaine (1200 dossards distribués) que j’ai apprécié malgré des conditions météo vraiment pas faciles.
Dommage qu’il n’y ait pas de distance intermédiaire entre le 16 et le 35 !

on essaye de garder le sourire et le rythme même sous la flotte 🙂

 

 

 

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